Les partisans du
monolinguisme souhaiteraient que l'usage de l'Anglais soit
généralisé, notamment dans le domaine des sciences et des
techniques.
Il est clair qu'une telle généralisation est très pénalisante pour
les non anglophones. Néanmoins, sous on ne sait quelle pression, la
France a signé l'accord de Londres du 17 octobre 2000 en renonçant à
l'exigence de la traduction en français de tous les brevets
européens couvrant le territoire français. Or, ces traductions, si
elles étaient facilement accessibles, pourraient constituer une
source de documentation en français, non seulement pour les
habitants de l'hexagone (qui en grande partie sont de piètres
adeptes de la langue de Shakespeare) mais surtout pour ceux des pays
francophones. Il est bon de rappeler que cette documentation
concerne tous les domaines susceptibles d'activité industrielle et
que son intérêt est évident. Malheureusement, jusqu'ici les
traductions en français de brevets européens étaient difficilement
accessibles : A l'heure actuelle, pour obtenir une traduction en
français d'un brevet européen, il est préférable d'utiliser les
bases de données allemandes disponibles connectées sur le réseau
Internet ! C'est la raison pour laquelle les partisans du
monolinguisme ont eu beau jeu de prétendre que ces traductions
étaient trop coûteuses car insuffisamment utilisées. Ainsi, plutôt
que de renoncer à cette exigence et de favoriser unilatéralement les
pays de langue anglaise au détriment des autres pays, et ce, sans
aucune contrepartie, il serait souhaitable de poursuivre cet effort
de traduction en français et d'en faciliter l'accès pour en faire
profiter pleinement les pays francophones. En réalité, le surcoût
que représente ces traductions et qui est en grande partie supporté
par les pays qui s'expriment en anglais ne constitue qu'une très
faible compensation des avantages dont bénéficient de fait ces mêmes
pays. Pour ce qui concerne les ressortissants français, le surcoût
dû à l'obligation de traduire le brevet européen dans des langues
étrangères n'est pas aussi pénalisant qu'on le prétend : il
n'intervient qu'après la délivrance du brevet européen, soit très
longtemps après le dépôt du brevet français (entre 5 à 10 ans dans
le cas d'un Euro PCT). Le problème posé par ces traductions ne
concerne donc qu'une très faible partie des brevets initialement
déposés et principalement les brevets couvrant des procédés et des
produits qui sont en cours d'exploitation. L'incidence du coût des
traductions est alors négligeable par rapport aux résultats de
l'Exploitation. Pour les autres brevets, il n'est généralement pas
souhaitable de les maintenir s'il n'y a pas eu d'amorce
d'exploitation au moment de la délivrance du brevet européen. Par
contre, pour la France et pour les pays francophones, l'intérêt de
ces traductions est évident : Pour la France, elles permettent
d'aborder et de résoudre les problèmes juridico techniques de
propriété industrielle en français en cohérence avec les lois et la
jurisprudence nationales qui sont également en français. En outre,
elles contribuent à l'évolution de la langue française dans le
domaine technique : on voit mal comment une langue aussi évoluée que
le Français pourrait se désintéresser du langage technique. Pour les
pays francophones situés en dehors de l'Europe, l'intérêt de ces
traductions est également évident : elles constituent une source de
documentation technique facilement accessible, et facilitent le
suivi de l'évolution du droit et de la jurisprudence en France et en
Europe… En terme de bilan, les raisons d'économies invoquées par les
uni linguistes pour se soustraire à l'obligation de traduire les
textes de brevet dans les langues nationales paraissent bien faibles
en regard des conséquences que pourrait avoir un renoncement des
pays européens à utiliser leur propre langue. Dans le cas du
Français, ce renoncement pénalise gravement les pays francophones.
On ne peut qu'espérer qu'un débat sérieux soit engagé à ce sujet
avant de prendre la décision de ratifier l'accord de Londres.
Arnaud de SAINT PALAIS,Vice-Président de Francinov
1. Doit-on
renoncer à l’usage du français dans les sciences et les techniques :
vers une marginalisation des scientifiques francophones.
Messieurs GRIESMAR ET DARLOT, de
l’Association Avenir de la Langue Française, association de l’Union
des Associations de la Francophonie.
Après une introduction par Arnaud de SAINT PALAIS, qui nous a livré
son point de vue sur la signature de l’accord de Londres, deux
intervenants, membres de l’Association Avenir de la Langue
Française, nous ont apporté leur éclairage sur la question. Une
remarque préalable de la part de Monsieur GRIESMAR : il y a un
siècle, la langue scientifique était l’allemand ! Aujourd’hui
l’anglais domine ; doit-on accepter de voir peu à peu disparaître
l’usage du français, dans le domaine des sciences notamment ? Le
système juridique français dans ce domaine, est pourtant très
cohérent : la Loi Toubon assure la protection des consommateurs et
des travailleurs et par ailleurs, l’article 2 de la Constitution
précise que “la langue de la République est le français”. Par
conséquent, si “nul n’est censé ignorer la Loi”, nul n’est non plus,
censé en prendre connaissance dans une langue étrangère ! Il serait
bon que la France ne prenne pas le chemin d’un suicide collectif, en
acceptant d’abandonner la langue française au profit de l’anglais,
tel que le prévoit l’accord de Londres.Alors que nos voisins
Italiens, Espagnols, ou encore Autrichiens, ont la clairvoyance,
eux, de refuser l’abandon de leur langue nationale ! Une vision que
partage bien sûr Monsieur DARLOT, qui affirme vigoureusement que
l’on ne doit pas, dans les domaines scientifiques et techniques,
abandonner la possibilité de s’exprimer en français, en France ! En
effet, si pour travailler efficacement dans un laboratoire, tous les
chercheurs communiquent entre eux en français, en revanche toutes
les publications sont faites en anglais. Les publications et les
ouvrages de haut niveau, en français, ont ainsi peu à peu disparu !
Et si l’on peut encore s’instruire en français à Bac + 2, c’est
quasiment impossible de le faire au niveau Bac + 4. Il y a donc un
vrai problème, pour les français, mais aussi pour tous les
scientifiques francophones, qui ont misé sur la langue française et
qui se sentent abandonnés en chemin. Il serait donc sage, non pas de
lutter contre l’anglais, mais de maintenir la possibilité de publier
dans d’autres langues et d’assurer la traduction en français, des
publications de haut niveau.
2.
“SECURIDOC” : sécurisation des écritures et documents
Monsieur Jean-Louis LE MOULAC, Inventeur
L’invention que nous
présente aujourd’hui Monsieur LE MOULAC, c’est en quelque sorte
un “sceau moderne”. Il permet de sécuriser immédiatement une
écriture, telle une signature par exemple. Le principe est
simplissime, mais comme bien souvent : encore fallait-il y
penser ! L’invention de base : une étiquette transparente, à
l’intérieur de laquelle ont été insérées de fines particules,
telles que des grains de sable. On appose l’étiquette sur la
signature d’un chèque par exemple, puis on maroufle toute la
surface de l’étiquette. Une pièce de monnaie est idéale pour
cela. Les particules s’enfoncent alors dans l’épaisseur du
papier, créant des reliefs en creux dans lesquels bien sûr on
retrouve en partie l’encre de la signature. Par conséquent, si
une personne mal intentionnée essayait de retirer l’étiquette
pour falsifier la signature, celle-ci laisserait une trace que
le faussaire serait bien incapable de faire disparaître !
SECURIDOC peut être présenté sous forme de petits blocs
d’étiquettes, à avoir toujours sur soi, dans un portefeuille ou
un sac à main, et qui en un rien de temps peuvent être apposés
sur un chèque, un contrat, une enveloppe à cacheter de manière
sécurisée... Ces blocs bien sûr représentent un support de
communication et notamment de publicité, idéal ! D’où une
distribution par l'intermédiaire de banques ou de publicitaires,
qui les offriront aux consommateurs en assurant ainsi la
promotion d’une marque ou d’une enseigne. Enfin, un autre type
de document sécurisé est proposé par l’inventeur : des feuilles
ou des blocs de papier qui intégreraient, dès le départ, dans
leur épaisseur, une zone d’écriture sécurisée. Du papier très
intéressant pour l’édition de tout document contractuel. Reste à
convaincre les papetiers, pour qu’ils accompagnent Monsieur LE
MOULAC dans le développement de ce nouveau type de papier.
Celui-ci recherche maintenant un licencié ou des investisseurs.
3. Insert buccal pour aider
les sportifs à s’hydrater et les patients dénutris à augmenter leurs
prises de nourriture par la bouche
Madame Anne-Marie PONTIS, inventeur
Pour comprendre ce
qui a amené cette inventrice à concevoir un tel dispositif, il
faut faire un petit saut de 3 années en arrière et se remémorer
les conséquences tragiques de la canicule de l’été 2003. Des
dizaines de personnes agées sont décédées, déshydratées, pour
n’avoir pas su boire suffisamment... Devant cette triste
constatation, Madame Pontis a décidé d’agir, persuadée qu’un peu
d’ingéniosité devrait permettre de trouver une solution simple à
un problème somme toute, pas si compliqué. Le système est donc
au départ conçu pour permettre aux personnes faibles de boire
seules. Il est constitué d’une poche en silicone, trouée, sorte
de distributeur qui se place dans le creux de la joue. A l’aide
d’une petite tubulure, qui sort à la commissure des lèvres, il
est relié à une pompe, elle-même connectée à une poche remplie
de liquide de réhydratation. Il suffit que le dispositif délivre
quelques gouttes toutes les minutes, pour que le sujet concerné
ait absorbé 2 litres supplémentaires durant la journée. Et ceci
sans effort, ni sans gêne particulière. Bien sûr, l’invention
destinée initialement aux personnes agées déshydratées en
période de grande sécheresse, pourra être d’une grande utilité
dans la prise en charge de nombre d’autres patients : les grands
brûlés par exemple, mais aussi les sujets atteints de
différentes pathologies rendant difficile le fait de boire avec
un verre, c’est à dire de déglutir bouche ouverte (maladies
d’Alzheimer, cancers, paralysies, accidents vasculaires etc.).
Divers entreprises pourraient être intéressées, les pompiers,
les urgences, mais également le milieu sportif. L’inventrice
recherche un licencié, qui pourrait être, par exemple, un grand
nom de la nutrition clinique. A.M.V
Notre réunion-club
du mois d’avril s’est terminée par la présentation du nouveau
site Internet de FRANCINOV. En effet, suite à la disparition de
l’association QIO, qui depuis plusieurs années gérait le site de
l’association, c’est “La Boutique des Inventions” qui a repris
le flambeau. Isabelle Risacher et Paul de Trentinian ont dû en
quelques semaines, voire même en quelques jours, relever un vrai
défi : reconstruire un nouveau site, à la fois simple et
convivial. Il s’étoffera peu à peu, au fur et à mesure notamment
de l’insertion de nouveaux projets innovants dans notre
“galerie”. D’ores et déjà, chacun peut y trouver des
renseignements sur Francinov et la philosophie qui l’anime
depuis 20 ans, des actualités, le programme de nos réunions, les
différents numéros de la “lettre de Francinov”, en version pdf
téléchargeable, ainsi que toute information utile concernant la
soirée des 20 ans de Francinov. Par ailleurs, des formulaires en
ligne, pour adhérer à l’association ou pour nous soumettre de
nouveaux projets, sont dorénavant opérationnels.
Envoyez un message à notre
webmaster pour toute
question ou remarque concernant ce site.
Réalisation et mises à jour :
La Boutique des Inventions Dernière modification :
21 February 2010