FRANCINOV
Association Loi 1901
35, rue de la Paroisse
B.P. 513
78005 VERSAILLES Cedex
Tél. 01 30 83 79 79
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Les éditos du président de
Francinov
Jean François LEMETTRE
Mai 2010
Qu’est-ce qui provoque
l’innovation ? La demande du marché ou plus largement des besoins de
la société ? On parle alors de demand pull. Les progrès des
connaissances et l’émergence de nouvelles techniques ou méthodes ?
On appelle cela le technological push. L’alternative a été
posée dans des éditoriaux passés avec à chaque fois la
conclusion qu’associés ils sont plus forts.
La demande est motrice. Par exemple quand des nécessités
s’imposent : le pétrole se raréfie et les prix de l’énergie vont
croître. Un tel constat ouvre des opportunités : économies
d’énergie, technologies appliquées aux énergies traditionnelles,
énergies alternatives. La hausse des prix à long terme signale la
possibilité économique d’innovations jusqu’alors non compétitives.
L’innovation est alors une course que gagnent ceux qui sont partis
avant les autres. Il y a deux impératifs pour un compétiteur.
D’abord avoir des solutions en réserve, c’est-à-dire anticiper des
besoins futurs, sélectionner lesquelles de ses compétences pourront
participer à des réponses utiles, commencer à élaborer des
solutions. Ensuite être prêt à temps, c’est-à-dire quand la demande
est effective et solvable mais avant les concurrents. Plus la
réponse exige des changements significatifs des produits et des
méthodes, plus l’effort de recherche et d’innovation doit la
précéder.
La recherche – scientifique et technique mêlées – doit imaginer des
solutions à des problèmes incomplètement formulés, parfois à peine
esquissés. Cela suppose une certaine liberté dans les orientations
qu’elle prend. Mais les chemins qu’elle suit ne peuvent apporter
seuls des réponses satisfaisantes aux besoins et à la demande. Les
chercheurs doivent intégrer à leurs orientations stratégiques
l’observation des besoins à long terme et du système des prix. Ils
peuvent aussi tenter d’établir en quoi leurs recherches peuvent
initier des solutions et à quel horizon. L’encouragement au dépôt de
brevets les incite à aller jusqu’à l’application. Mais ce travail
d’anticipation serait-il bien conduit, la solvabilité du marché se
fait parfois attendre. C’est le rôle de la politique industrielle et
des financements publics d’amorcer la demande.
Conclusion : la synergie entre demand pull et
technological push engendre l’innovation là où l’innovation est
au centre des stratégies.
Mars 2010
Lors de nos réunions mensuelles la
même question me revient, comme j’imagine à chacun des
participants : cette invention peut-elle réussir ? Tenons-nous là
une future innovation et pour un marché de quelle taille ? Et à
chaque fois revient le même constat : l’idée est bonne mais la
réussite reste à construire.
Prenons trois exemples de la dernière réunion tenue le 17 février à
Marly le Roi. Les projets traités sont présentés dans cette même
lettre. Deux concernent la construction et des solutions aux
problèmes d’énergie. Le panneau d’échanges thermiques Caméléon de
Messieurs Magnier et Louis est un panneau solaire qu’ils ont voulu
simple dans son principe et dans sa mise en œuvre et surtout moins
coûteux que les solutions alternatives. La brique isolante de
Messieurs Batista et Darty propose de chauffer la maison l’hiver et
de la rafraîchir l’été par un ingénieux système de circulation d’air
dans les murs, lui aussi assez simple dans son principe et ses
solutions.
Madame Seignez nous a présenté deux inventions pour la troisième
fois mais encore améliorées. Son pantalon pour personnes
incontinentes a reçu une médaille d’or au Salon de Genève et son arc
d’élongation compléterait utilement les installations de rééducation
fonctionnelle. Elle a besoin de convaincre de cette utilité. Elle se
heurte à la difficulté d’entrer sur des marchés médicaux très
fermés. D’autres marchés paraissent possibles qui y conduiraient
ensuite à condition de raisonner dans un autre contexte : le
problème de rétention urinaire n’est pas l’exclusivité des personnes
malades ou âgées.
Une innovation qui réussit doit apporter une réponse simple et des
coûts maîtrisés. C’est le cas de beaucoup de nos invités mensuels
qui viennent et reviennent si nécessaire. Pour que la réussite leur
soit ouverte il y faut encore un peu de chance et la rencontre des
partenariats industriels et financiers qui leur manquent encore.
Parfois, c’est le cas de Madame Seignez, d’une collaboration de
management, de projet d’abord, d’entreprise ensuite.
L’aide qu’ils attendent de nous est dans ces mises en relation.
Février 2010
La France dit-on, n’aime pas ses
entreprises. Ou plutôt les français renieraient-ils leurs
entrepreneurs ? La réponse est controversée et fluctue d’un sondage
à l’autre, selon la conjecture. Une entreprise qui réussit, une
autre qui délocalise sa production, l’annonce de rémunérations
élevées en période de crise alimentent la volatilité de l’opinion.
En a-t-il toujours été ainsi ? Les écrits d’économistes sur
l’entreprise ne se sont développés qu’au 20ème siècle. Auparavant la
littérature – la grande – a su témoigner avec vérité.
Incontournables sont au 17ème siècle Daniel Defoe et son Robinson
Crusoe, rationnel, plein de projets pour qui tout problème est
soluble. Mais Robinson est-il entrepreneur ou entreprenant ? A
l’orée du 20ème siècle, Thomas Mann campe en Thomas Buddenbrooks un
négociant créateur et conquérant et dans son fils Christian un
gestionnaire passif qui ouvre la chute de la dynastie.
Qu’en est-il en France ? L’homme d’affaires n’y attire pas la
sympathie des écrivains. Balzac en témoigne tout au long de son
œuvre : le commerçant prédateur et le banquier spéculateur incarnent
l’amoralité, le parasitisme. Une exception toutefois, celle du
médecin de campagne qui apporte la modernité des techniques et son
cortège de bienfaits sur le niveau de vie, l’éducation, la santé. Le
médecin de Balzac est un marginal, mais bien moins que le Jean
Valjean des Misérables de Victor Hugo. Devenu Monsieur Madeleine à
Montreuil-sur-Mer il introduit des innovations mineures dans des
métiers traditionnels qui végétaient. Les coûts baissent, salaires
et marges augmentent en même temps. L’innovateur, qu’on disait
arrivé avec peu d’argent, s’est enrichi mais ceux qui l’entourent
aussi. « C’est de ce mince capital, mis au service d’une idée
ingénieuse, fécondé par l’ordre et par la pensée qu’il avait tiré sa
fortune et la fortune de tout ce pays ».
Ces grands auteurs furent des références. Pour eux, le bon
entrepreneur est celui qui enrichit ceux qui l’entourent en même
temps que lui-même. Il est un innovateur. C’est aussi la définition
retenue par l’économiste Joseph Aloïs Schumpeter qui le place au
centre de la dynamique vertueuse de l’économie de marché. N'est-ce
pas en fin de compte l’opinion commune ?
Janvier 2010
Que sera l’année qui commence ?
2008 fut celle d’une crise financière puis économique. 2009 a vu la
remise en fonctionnement du système financier à défaut de sa remise
en ordre. L’économie pour sa part est repartie en hésitant avec des
doutes sur la durée de la reprise. Alors 2010 mettra-t-elle la crise
derrière nous, laissant certes des factures mais la création de
richesses qui permette de les solder ? Ou la crise n’est-elle pas
suffisamment purgée et nous réserve-t-elle le fameux W
(baisse-reprise-rechute-reprise) ? Ou encore le risque n’est-il pas
que la reprise se fasse sans nous : en Asie, en Amérique, dans
quelques pays européens ?
Je souhaite à tous que le premier scénario s’impose et que chacun
trouve sa place dans une conjoncture moins rude. Mais on ne peut
exclure le second : si le système financier retrouve sa propension
aux excès ; si les promesses d’une meilleure régulation de ce
système s’étiolent dès lors que l’urgence du krach ne l’impose plus.
On ne peut non plus exclure le troisième : si les gouvernements
européens tirent chacun pour soi et attendent de la croissance des
autres leur propre salut ; si les institutions de l’Union européenne
s’occupent plus de neutraliser les quelques efforts privés ou
publics allant dans ce sens que de promouvoir et protéger les
industries européennes.
Les second et troisième scénarios nous menacent aussi si nous ne
sommes par prêts pour la reprise. Cela a déjà été rappelé ici, la
fin de la crise ne signifie pas que tout repartira comme avant, bien
au contraire. Les innovations seront au centre des recompositions.
Il fallait parfois qu’elles attendent leur temps et il est venu. Il
faut être prêt à saisir les opportunités. Le succès viendra à ceux
qui ont su anticiper les besoins de produits et procédés nouveaux.
Francinov a une part à y prendre.
Comme 2009, l’année 2010 commence dans un climat d’incertitude mais
ouvre des promesses qui justifient plus que jamais effort et audace.
C’est dans cet état d’esprit que je vous souhaite une excellente
année et la réussite de vos projets.
Décembre 2009
« Pluie de brevets américains sur
les technologies propres ». Le quotidien La Tribune (31 août 2009)
reprenait ainsi les résultats du CEPIG (clean energy patent growth
index) du cabinet américain de propriété industrielle Heslin,
Rothenberg, Farley & Mesiti. L’étude porte sur les brevets déposés
auprès de l’IPO et portant sur la pile à combustible, les véhicules
propres et les énergies renouvelables. Au second trimestre 2009, 274
brevets ont été recensés (214 un an avant et 243 au trimestre
précédent). Le Japon fait la course en tête avec 75 brevets déposés,
suivi par la Californie, le Michigan et l’Allemagne. Plus de la
moitié des brevets considérés portent sur la pile à combustible (156
sur 274), afin notamment d’améliorer la mobilité et l’autonomie des
véhicules qui en seront équipés. Honda, General Motors, Toyota et un
peu plus loin Nissan, Ford et Daimler mènent la course.
Le nombre de brevets déposés est souvent considéré comme un
indicateur très imparfait de la capacité d’innovation. C’est vrai
mais il n’en est pas de meilleur. Et puis le Japon, la Californie,
l’Allemagne restent des références dans leur capacité à réagir par
l’innovation à la concurrence internationale. Les entreprises qui
viennent d’être citées auxquelles l’article ajoute notamment General
Electric, Panasonic, Applied Materials dans les énergies propres et
les semi-conducteurs ont souvent été les promoteurs de ces
réussites.
On déplorera ici les réticences des dirigeants américains face aux
contraintes visant à instaurer une croissance plus respectueuse de
l’environnement. On se rassurera au constat que leurs entreprises se
préparent activement à entrer dans cette voie qui ouvre les
promesses de la croissance future. On s’inquiètera de ne pas voir la
France dans la tête de ce classement. La recherche dit-on y est
active et produit des résultats. Prenons en acte mais regrettons
alors que trop peu de brevets soient déposés pour en asseoir les
droits de propriété. C’est pourtant indispensable pour en garantir
l’exclusivité au bénéfice des entreprises et de l’économie
française.
Octobre 2009
Le débat autour de la loi « Hadopi
» ne peut être réduit à une confrontation entre modernité et
archaïsme, entre jeunes et vieux. Ce qui est récent ne porte pas
comme une nécessité le progrès de la société vers plus de liberté et
de créativité. Le nouveau n’est pas toujours le meilleur y compris
pour ceux qui le prônent.
On a tout dit et écrit ou presque sur les effets positifs et
négatifs de la copie d’œuvres littéraires et musicales : sur le
risque d’assèchement de la création (effet négatif), sur
l’accroissement de la diffusion (effet positif) notamment. Dans les
deux cas, la crainte est fondée mais parfois exagérée. L’écrit a
existé avant l’imprimerie et les droits d’auteur, le chant et
l’image avant la SACEM. L’imprimerie, le disque et la photographie
ont favorisé la diffusion des œuvres et la prolifération des
créateurs (positif), mettant au chômage au passage les monastères,
les chanteurs des rues et les ateliers des successeurs de Rembrandt
(négatif). Ainsi va l’innovation qui fait naître un monde sur les
ruines de l’ancien. Les formes nouvelles de la création et de la
diffusion sont en cours d’invention, peut-être radicalement
différentes des formes que nous avons connues. Seront-elles un
progrès ou une régression ? Le jugement sera à coup sûr controversé
et le prononcer aujourd’hui serait prématuré.
Mais croire que cela substituera un monde de gratuité, de
sociabilité régénérée est pour le moins hasardeux. Les monastères
ont dû passer de la copie au fromage ou à la liqueur mais les
livres, moins chers, n’en étaient pas gratuits. La bibliothèque en
ligne construite par Google – qui s’est exonéré de droits d’auteur –
est financée par la publicité (jusque quand ?). Restent à la charge
du lecteur l’achat d’un ordinateur (plus cher qu’un rayon de livres)
et l’abonnement ADSL. L’argent ne disparaît pas, il change de mains
: des auteurs et de l’édition il passe aux producteurs de machines
et de services de mise en ligne. Le système de l’édition proposait
une sélection des œuvres : bonne ou mauvaise mais elle avait le
mérite d’exister. Il organisait la rétribution des créateurs : bien
ou mal mais elle était effective. En reviendra-t-on à la fausse
gratuité du mécénat ? Quels repères utiliser dans l’hyper choix face
aux objets ? Qui fera quoi ? Les technologies de l’information et de
la communication portent des innovations majeures et créent des
ruptures irréversibles. Il reste à se rendre maître de ce qui en
adviendra.
Septembre 2009
L’actualité de cet été a été
marquée par des conflits sociaux dont les formes, parfois nouvelles,
ont révélé des tensions fortes. La raison ? Des fermetures de sites
ou des réductions d’effectifs souvent drastiques. Que des
entreprises ajustent leurs capacités est un fait permanent, accéléré
en période de récession. C’est parfois un choix d’aubaine de
dirigeants en quête de marges accrues. Mais c’est souvent aussi le
corollaire de la croissance de la productivité, du renouvellement
des produits et des techniques et de l’économie de concurrence. Les
délocalisations n’ont pas pour seule cause les écarts de coûts de
main d’œuvre.
Ces évolutions peuvent souvent être anticipées. Un exemple : la
surcapacité de production automobile est avérée dans les pays de
vieille industrialisation. La demande est surtout de remplacement et
la productivité des usines continue de croître. Alors on dit qu’il
n’y subsistera bientôt que cinq ou six constructeurs. Leur survie
commande d’aller produire aussi là où la demande est dynamique, dans
ces nouveaux pays industriels qui ne se contentent plus d’importer.
Le problème de base est l’adaptation des entreprises au contexte
sans cesse changeant des industries. Le redéploiement international
est une solution, une stratégie : pas toujours la meilleure mais à
envisager. Faute de bien identifier la question, on ne sait pas
donner un sens à la discussion sur la stratégie.
Dans ce type de situations, les réactions à la française sont trop à
revers du souhaitable en inversant problème et solution. Que les
acteurs économiques concernés, et au premier rang les salariés,
s’inquiètent de leur avenir et tentent de défendre leurs intérêts
est tout ce qu’il y a de plus légitime. Mais L’absence de
perspective transforme souvent l’inquiétude en révolte. Faute
d’instaurer un débat sur l’identification du problème et le sens à
donner à la réponse, il ne peut y avoir de compréhension sur la
stratégie. Or, il semble au contraire qu’un consensus se fasse pour
escamoter l’identification en commun des problèmes. Elle reste de la
seule responsabilité des dirigeants d’entreprises. Les syndicats et
les élus locaux s’en font une raison car elle leur évite de
reconnaître des réalités parfois difficiles à assumer. Quant à
l’Etat il a la double tâche de catalyseur dans l’identification des
problèmes (une politique industrielle) et l’instauration de débats
entre acteurs (le dialogue social).
Il est des pays où les choses avancent mieux. Alors faisons un rêve.
Mai /Juin 2009
Il est excessif d'affirmer que
la crise économique est une rédemption : ses conséquences
individuelles et collectives sont souvent trop graves voire
dramatiques pour qu'on le claironne ainsi. Mais la fin des crises ne
laissent jamais l'économie ni la société identiques et elles ouvrent
des perspectives nouvelles qu'il faut savoir saisir.
Une récession frappe surtout les activités les plus vulnérables, qui fournissent des biens jugés non essentiels, ainsi que les
"cycliques" qui les alimentent en matières consommables et en équipements. On réduit l'activité en conséquence dans les entreprises, on ferme des lignes de
production ou des établissements quand l'entreprise elle-même ne sombre pas. Si l'entreprise fait des choix logiques, les victimes sont les maillons les moins
compétitifs : produits mal adaptés à la concurrence, processus à productivité insuffisante.
La reprise ne ramène en général pas ces activités ni ces technologies. Des produits mieux appréciés et des technologies
plus efficientes ont fixé les nouvelles références du marché. Les mêmes entreprises peuvent les porter sinon d'autres entreprises les supplantent, dans le même pays ou dans des pays
différents. Ainsi la crise est-elle un moment privilégié de cette recomposition internationale de l'offre. Ce qui a disparu ici renaît autrement ailleurs et nos vieilles économies industrielles, avec leurs rigidités
et leurs coûts élevés constatent plus les départs qu'elles n'applaudissent aux arrivées. Les délocalisations d'activités sont une composante de ce phénomène plus complexe qu'il n'y paraît d'abord.
L'innovation est au cœur de la résistance. Elle est indispensable au renouvellement des produits et des technologies et au
dépassement des enchaînements facteurs du déclin. La sortie de crise se prépare pendant (et même avant) la crise car innover requiert du temps. Les produits et technologies du cycle suivant existent déjà ou se mettent en place.
Alors innovateurs, mobilisez-vous !
Avril / Mai 2009
On n’a pas manqué de souligner ici la désinvolture des financiers dans l’approche des risques, leur gestion imprudente
et ses conséquences dans le déclenchement de la crise économique. Encore faut-il souligner qu’ils ont pour cela reçu le renfort de nombreux économistes théoriciens de la finance dont plusieurs ont
été récompensés par un prix Nobel. Ils prétendaient avoir domestiqué le risque et ont communiqué cette illusion à des praticiens qui ne
demandaient qu’à les croire. Le mérite de l’ouvrage de H. Bourguinat et E. Briys est d’établir ce lien fort qui a engendré l’arrogance de
la finance tant chez les professionnels (les quants) que chez les scientifiques. Les modèles mathématiques d’ingénierie financière ont
été mis au service d’une avidité pécuniaire démesurée. Or, ils ont été construits depuis une cinquantaine d’années sur du sable et les
tests de leur validité ne sont en rien probants. On ne sait pas mesurer les gains futurs, les acteurs n’ont pas la rationalité de
l’Homo œconomicus et les marchés ne sont pas parfaits (ne serait-ce que parce que les coûts d’intermédiation existent !). Les
théoriciens auraient dû remettre en cause les fondements du modèle : ils se sont acharnés en pure perte à sa défense, souvent désespérée.
Il ne restait qu’à imposer le dogme et à stigmatiser ceux qui ne s’y ralliaient pas : chez les professionnels comme dans les universités.
Cette finance académique « moderne » a conféré une apparence de rigueur et de sécurité à des innovations financières qui ont produit la plus grave crise financière de l’histoire. Elle a engendré un
risque extrême dont ses fondements mêmes niaient la possibilité, un Cygne noir. Les oracles – parmi lesquels les auteurs déjà cités –
n’avaient pourtant pas été inactifs qui invitaient les scientifiques à retrouver une rigueur dont ils n’auraient jamais dû se départir et
les professionnels à se garder de cette ivresse technique qui les avait saisis. La crise en cours permettra-t-elle d’en finir avec
l'arrogance de la finance ? La leçon est sévère mais rien n’est moins sûr.
Bourguinat H. & E. Briys (2009), L’arrogance de la finance – Comment la théorie financière a produit le krach, La Découverte
Février / Mars 2009
N’en dit-on pas un peu
trop à propos du rôle de la faute des banques dans la crise ?
On a déjà évoqué ici leurs imprudences et leurs négligences dans la
gestion des risques. Il y eut les fameux prêts subprimes accordés
non en considération d’une capacité de rembourser des emprunteurs
mais d’une hypothétique valeur de l’actif apporté en garantie et
qu’on retrouve dans des titres « structurés » dont on ne sait plus
mesurer les risques. Il y eut les « affaires » – Kerviel et Madoff
pour commencer – dans lesquelles les prudences élémentaires n’ont
pas été activées. Il y a ce scandale des bonus déraisonnables et
simplement injustifiés qui traduit l’attitude de mépris où se
tiennent les principaux responsables des grandes banques. Il y a
l’arrogance de la finance pour reprendre l’ouvrage de H. Bourguinat
et E. Briys.
Mais peut-on alors exiger d’elles qu’elles prêtent à tout va ? Car
aujourd’hui les banques prêtent, comme c’est leur métier, sous peine
de perdre de la substance et de devenir vulnérables face à leurs
concurrentes. Une méthode de gestion des risques – à base de
titrisation et de dérivés de crédit – a montré ses dangers. Les
entreprises de crédit ont été encadrées par des normes comptables et
des règles prudentielles qui limitent leurs possibilités de prise de
risques. Doit-on leur reprocher aujourd’hui de limiter leur
exposition aux risques en refusant des prêts sollicités ? Et
pourtant l’économie a besoin de la finance à risque : pour financer
l’innovation qui nous intéresse ici et plus simplement pour
permettre au cycle de la production et des échanges de continuer.
Mais elle est malade des risques de la finance qui ont conduit à des
anticipations pessimistes et au rejet des outils d’assimilation des
« bons » risques.
On parle de nouvelles régulations. Il faudra éviter de s’en tenir à
de vains effets de menton et bien établir les causes des
dysfonctionnements. La titrisation est une technique utile pour
renouveler les sources de capitaux à long terme. Les dérivés de
crédit permettent le commerce du risque. A condition que ce risque
soit en permanence traçable et mesurable et que ceux qui le portent
en soient conscients. Le risque existe et est nécessaire ? C’est de
sa gestion aventureuse qu’il faut se méfier. Ce sont les
comportements à risque qu’il faut mettre sous contrôle.
Janvier 2009
L’année commence
traditionnellement avec l’échange de vœux d’heureuse année, de bonne
santé et de réussite dans les projets professionnels. Recevez donc
les miens pour vous et ceux qui vous sont chers.
De l’année 2008 on retiendra probablement qu’elle fut celle des
effondrements. Celui d’une partie du système financier d’abord
entraînant à sa suite une récession dans l’économie dite réelle.
Mais on retiendra aussi l’effondrement des réputations. Il y a un an
nombre des analystes prédisaient le redressement pour l’été ou
l’automne : ce fut le temps non de la reprise mais de
l’amplification de la crise. Les banques si compétentes et si
prudentes, hérissées de murailles de Chine pour éviter les conflits
d’intérêt, ont inventé et financé massivement des aventures
financières incontrôlées puis se sont fait berner dans l’escroquerie
usant des recettes les plus éculées. Les gestionnaires de fonds
d’investissements, eux aussi si compétents voire même géniaux pour
accéder à des rendements paradisiaques : ils ne comprenaient plus
grand-chose aux produits qu’ils vendaient à leurs clients et quand
ils n’ont pas ruiné ces derniers, c’est qu’ils les ont enrichis
moins qu’eux-mêmes.
La crise est dit-on la création de l’avenir. L’histoire des crises
le vérifie souvent même si ce fut au prix de drames. La crise fait
le nettoyage des créances douteuses et ouvre des voies nouvelles à
ceux qui savent innover et à ceux qui savent les distinguer et leur
apporter les soutiens et ressources nécessaires. Au-delà des
fluctuations spéculatives la crise a confirmé des raretés qui
s’amplifiaient – pétrole et produits de base par exemple – et des
problèmes de plus en plus aigus – le dérèglement climatique. Elle
nous a révélé que des solutions créaient plus de problèmes qu’elles
n’en résolvaient – le recours irréfléchi à la biomasse créant de la
famine. L’innovation n’est pas une fin en soi mais ouvre à des
solutions génératrices de gains nets.
2009 commence dans une ambiance d’incertitude et de crise qui
nourrit les inquiétudes et justifie plus que les années précédentes
encore qu’on encourage l’effort et nourrisse l’audace. Mais elle
ouvre aussi des promesses qu’il faut savoir comprendre et saisir.
C’est parce que je vous sais dans cet état d’esprit que l’année qui
s’ouvre peut vous être bonne. C’est le vœu que je forme.
Décembre 2008
L’assemblée générale
de notre association tenue le 19 novembre a permis de constater que
2007 et 2008 ont été pour Francinov un temps de consolidation.
Les projets présentés au cours des réunions mensuelles suscitent à
chaque fois l’intérêt des participants par leur variété et surtout
la pertinence et la qualité des réponses apportées aux problèmes
posés. Les huit réunions tenues chaque année ont permis d’entendre
70 présentations (auxquelles il faut ajouter celles de ce mois de
décembre). Nos réunions ont mêlé les propositions de nouveaux
produits ou procédés, de services. Elles ont porté aussi sur les
dispositifs et services destinés aux innovateurs. La réunion qui
s’est tenue à l’issue de l’assemblée générale en fut une bonne
illustration : une machine électrique pour remplacer des moteurs
asservis, des têtards marqueurs de pollution, un nouveau modèle
d’enveloppe postale, comment trouver un business angel.
Cette Lettre de Francinov porte le numéro 34. Depuis mai 2004 sa
diffusion régulière a offert un relais important pour diffuser la
connaissance des projets présentés lors des réunions mensuelles aux
centaines de ses destinataires. La Lettre vous informe également de
la vie de l’association et de l’actualité de l’innovation : salons,
réunions diverses notamment. Le site francinov.net est désormais
opérationnel et complète en élargissant la visibilité de
l’association, de ses activités et des projets dont elle a eu
connaissance.
Ce socle solide d’activités comporte deux faiblesses. La première
est que nos ressources financières sont trop limitées : Francinov
est une association de bénévoles qui ne reçoit aucune subvention. La
seconde est que les forces actives reposent sur un petit nombre de
personnes : de nouvelles initiatives au bénéfice de l’innovation
requièrent des moyens humains accrus.
C’est donc un appel à acquitter la cotisation et à rejoindre
l’équipe qui anime Francinov que je vous lance.
Novembre 2008
Toutes les crises sont
différentes et se ressemblent.
Certaines prennent naissance dans l’économie réelle puis se
transmettent à la finance. L’immobilier est souvent fautif : dans
les années 1980, puis 1990 et enfin actuellement pour ne citer que
les exemples récents. Ou alors tout part d’une matière de base – le
cuivre il y a un siècle – ou de la chute d’économies émergentes –
l’Amérique latine en fin des années 1980. D’autre fois aussi une
innovation majeure engendre un développement désordonné
d’entreprises puis une remise en ordre douloureuse : par exemple les
chemins de fer au milieu du 19ème siècle, l’économie du numérique au
début du 21ème. Une bulle se forme autour d’une spéculation sur la
rareté d’un produit, les promesses d’une industrie : les
investisseurs se précipitent, les banquiers prêtent aux
investisseurs jusqu’au moment où ce que la spéculation avait
d’excessif apparaît et où les imprudents plongent.
D’autres prennent corps dans l’économie financière elle-même : des
taux d’intérêt faibles qui – effet de levier aidant – entretiennent
la croyance que les taux de rentabilité des fonds propres peuvent
monter jusqu’au ciel ; des techniques de gestion des risques qui
alimentent l’illusion de sa disparition ; l’illusion que les marchés
absorbent tous les déséquilibres, etc. Et finalement la construction
d’une économie réelle sur les bases d’une économie financière dopée.
Une bulle de l’immobilier se construit mais aussi une autre des
revenus trop fondés sur la valeur que créerait l’habileté
financière. In fine la mécanique est la même : les investisseurs se
précipitent, les banquiers prêtent aux investisseurs jusqu’au moment
où ce que la spéculation avait d’excessif apparaît et où les
imprudents plongent.
Et chacun de redécouvrir deux américains célèbres : quand les
indices augmentent tous les financiers sont géniaux, dans la crise
peu le sont (J.K. Galbraith) ; c’est quand la mer se retire qu’on
voit ceux qui nageaient sans maillot (W. Buffett).
Septembre 2008
Les ouvrages qui
traitent de l’innovation font communément référence à Joseph A.
Schumpeter comme celui qui l’a introduite au cœur de la dynamique de
l’économie et de la croissance de la richesse. Sans innovation
l’économie ne peut être que stationnaire : la concurrence érode les
profits et l’investissement de croissance ; l’économie stagne voire
entre en récession.
L’innovation crée des opportunités nouvelles. Celui qui en détient
la clé – l’innovateur – est le véritable « entrepreneur », celui qui
entreprend pour remettre en cause les positions acquises par les
dirigeants des firmes qui dominent les marchés et cherchent à les
tenir en état. Le mobile de cet entrepreneur ? Le gain monétaire, la
récompense d’un profit plus élevé que la normale quand il apporte
des gains d’efficience dans la solution des problèmes économiques.
L’innovation peut être majeure et reposer sur des solutions
tout-à-fait nouvelles. Elle peut être aussi la généralisation de
l’application (en « grappes ») de telles solutions.
Schumpeter place donc au centre de l’évolution un processus de
mutation par destruction et création : pour innover il faut détruire
ce qui n’est plus adapté. Les nouveaux marchés, les nouvelles
méthodes de production entraînent la régression et la disparition
des industries qui ne parviennent pas à se renouveler.
Et l’argent dans tout cela ? La création monétaire s’inscrit dans un
cercle vertueux quand elle est destinée à alimenter le processus
innovateur en finançant la production et en alimentant la demande.
Les bons risques bancaires et financiers sont indéniablement là …
sous réserve de quelques indispensables prudences.
L’œuvre économique de J.A. Schumpeter est souvent contre-versée,
parfois à juste titre. Mais peu lui dénient d’avoir placé
l’innovation où elle devait l’être : au centre de la croissance et
du progrès.
Juin 2008
Dans un ouvrage paru
en 1986 (l’innovation, avantage à l’attaquant, Paris : Interéditions),
Richard Forster, directeur chez McKinsey raconte le naufrage, en
1907, du Thomas W. Lawson, splendide voilier de sept mâts destiné
construit pour rivaliser avec les bateaux à vapeurs qui prenaient
une part croissante du fret maritime. Il pouvait filer vingt deux
nœuds pourvu qu’il eût du vent suffisant mais à l’inverse de ses
concurrents n’était pas alourdi par le charbon nécessaire à
alimenter ses machines. Il fallait aller vite et cette nécessité
avait conduit à sacrifier les qualités à la manœuvre. C’est à
l’ancre, par vent fort qu’il chavira, quille en l’air et voilure au
fond. Tous l’équipage périt sauf un membre et le capitaine. Le
chavirage du Thomas W. Lawson marqua la fin de l’âge des grands
clippers et la navigation à vapeur affirma sa domination sur les
mers.
Un mode de résolution des problèmes de transport était arrivé à ses
limites et ne permettait plus des gains de performances
significatifs face à une méthode dont les progrès tenaient des
promesses de gains de temps, de réduction des risques de retard,
d’amélioration des rendements énergétiques, de coûts rapidement
décroissants. Les deux systèmes pouvaient revendiquer d’être
innovants mais le second – la navigation à vapeur – était en phase
d’accélération des gains apportés à ses utilisateurs alors que
l’autre – la voile – peinait à grappiller quelques gains
supplémentaires et encore était-ce au détriment de la sécurité.
La marine à vapeur n’aurait pas pu connaitre cette suprématie
cinquante ou même vingt ans plus tôt : la solution de la voile avait
encore une efficience supérieure. En matière d’innovation aussi il
faut savoir qui est dans le sens de l’évolution et si le moment est
venu de la réussite.
Mai 2008
L’innovation est-elle
« tirée » par le marché (market pull) ou est-elle « poussée » par
l’avancée des connaissances (Science push) ? L’histoire enseigne
qu’il y a toujours eu de l’un et de l’autre et même si selon les cas
ce fut plus de l’un ou plus de l’autre.
Souvent les innovations ont permis de résoudre des problèmes (petit
ou grand) avec des connaissances déjà mises en œuvre : on évoque
alors le rôle central des besoins (le marché) dans le processus.
Mais quand la solution a nécessité un progrès significatif, voire
une rupture des connaissances, l’explication par le marché qui tire
n’a plus été suffisante.
Dans d’autres cas l’apparition de connaissances nouvelles a
transformé la façon de résoudre les problèmes en favorisant
l’émergence de nouvelles technologies : la poussée par la science
est alors appelée en explication. Encore faut-il que des besoins
existent qui puissent être ainsi résolus et que le nouveau type de
solution apporte une réponse plus efficiente que les anciens.
La période actuelle – intensive en innovations – commande de
combiner les deux principes : accélérer l’émergence de connaissances
nouvelles rapidement utilisables pour répondre à des besoins qui ne
peuvent en l’état recevoir de réponse suffisante.
Un type d’organisation adapté en favorise la survenance autour de
trois principes clés. La production de connaissances doit garder son
autonomie mais dans l’interdépendance stratégique avec les autres
fonctions des entreprises. La structure par projet fournit un cadre
de coopération facilitateur. Une partie des chercheurs doivent être
érigés en « intrapreneurs ».
Mais n’est-ce pas au fond l’esprit de départ des pôles de
compétitivité.
Mars 2008
La bulle internet
a-t-elle vu naître un nouveau type d’entreprises, désignées
couramment comme « start-up » ? Les entreprises innovatrices de la
dernière révolution industrielle – celle des technologies de
l’information et de la communication – sont-elles à ce point
différentes de celles nées lors des révolutions précédentes qu’elles
justifient pour être analysées un nouveau cadre de description et
d’analyse ?
A l’appui de cette proposition, des recherches récentes invoquent le
développement de nouvelles formes d’organisation. La facilitation du
travail en réseau par ces technologies a permis le développement de
processus coopératifs : l’organisation bien calée dans ses
frontières a fait place à la collaboration de petites équipes,
certaines dans la coque juridique d’une même entreprise, d’autres en
dehors. L’adhésion au projet et à la communauté qui le porte et le
goût de l’aventure semblent en être le ciment stabilisateur plutôt
qu’une ligne hiérarchique et des relations sociales formelles. De
risqueurs les investisseurs se muent souvent en partenaires plus
respectueux de l’autonomie des nouveaux entrepreneurs.
Face à ces indiscutables caractères ne concluons-nous pas trop
rapidement à la naissance de la start-up comme nouveau type
d’entreprise ? D’abord parce qu’elle est un démarrage et que le
recul est insuffisant pour juger de la durabilité du type. Les
industries les plus concernées ont d’ailleurs connu ces dernières
années des remises en ordre sévères. Ensuite parce l’entreprise en
réseau et l’organisation « adhocratique » sont bien antérieures à la
révolution du numérique. Le modèle de la start-up est
indiscutablement un renouvellement mais gardons nous donc de
l’idéaliser au point d’oublier les principes fondamentaux de la
conduite des entreprises.
Février 2008
L’affaire «Kerviel
contre Société Générale » m’amène à prolonger l’éditorial du mois de
janvier qui exprimait la crainte que la crise dite des subprimes
n’assèche pour un temps le financement de l’innovation. Ces deux
affaires sont différentes dans leur nature : des fautes
microéconomiques de la banque et du trader contre une dérive suivie
d’une sortie de route du système financier dans son ensemble. Elles
ont en commun de montrer les limites de la maîtrise des risques et
le danger qu’il y a à croire trop légèrement ces risques « sous
contrôle ».
Dans le cas des subprimes la croyance s’était imposée que le risque
disparaissait de fait quand il était mélangé à d’autres risques et
dispersé en miettes parmi les investisseurs, pas toujours conscients
d’en porter une part. En fait la révélation qu’il subsistait et
qu’on ne savait pas très bien où il se nichait, combinée à un autre
risque (un manque de liquidités de certains porteurs de ce risque) a
conduit à l’engrenage de la débâcle.
Dans le cas du trader le risque de positions perdantes fait partie
du métier. La banque limite ce risque par des dispositifs qui en
réduisent l’occurrence et surtout les pertes potentielles. Encore
faut-il qu’il n’y ait pas de jeu dans les rouages du contrôle et
qu’on en relâche la rigueur. Une confiance excessive y conduit vite.
La maîtrise des risques requiert une attention aux signaux
annonciateurs et la révision en continu des procédures d’évaluation
et de contrôle. Il y faut de la constance et de la modestie.
Janvier 2008
Pour cette année 2008
qui commence je vous souhaite à tous beaucoup de bonheur dans la
conduite de vos projets personnels et professionnels et à notre
association Francinov d’amplifier encore son action de soutien aux
projets innovateurs.
De ce point de vue l’évolution économique récente justifie quelques
inquiétudes. L’économie a besoin de la finance à risque et tout
particulièrement parce que son futur se construit sur l’innovation.
Elle a besoin que des investisseurs engagent leur patrimoine en
spéculant sur la réussite de projets, de produits ou de procédés
nouveaux porteurs de croissance économique. Elle a aussi besoin de
ces vagues d’engouement – comme l’a été il y a 10 ans celui pour
l’Internet – même si le prix de succès remarquables est dans une
multitude d’échecs.
La crise financière qui se développe sous nos yeux n’a que peu à
voir avec cette sorte de finance à risque. Il n’y a pas de
croissance future dans la ruine de ménages surendettés. Il n’y a pas
de croissance durable assise sur la seule acrobatie des
constructions financières. Il n’y a pas d’acceptation du risque sans
transparence des projets et des montages financiers. L’acceptation
du risque repose sur la confiance.
Les projets qui intéressent les membres de Francinov ne sont pas de
cette espèce. Mais ils ont besoin de la finance à risque. La crainte
est que la crise actuelle n’entraîne une aversion excessive pour ce
risque et des dispositifs prudentiels sans discernement qui freinent
l’émergence de projets porteurs de croissance et d’emploi.
Formons le vœu contraire pour cette nouvelle année.
Décembre 2007
Nous avons rappelé le
mois dernier le caractère central de la question du marché dans le
passage de l’invention à l’innovation. S’il est indispensable que le
produit ou le procédé nouveau répondent à un besoin identifié, le
respect de cette condition doit être réalisé en tenant compte d’un
environnement technique et économique souvent complexe.
L’innovation est par nature initiatrice de ruptures. Elle dérange
autour d’elle. Plus ou moins mais elle dérange. Son adoption
requiert parfois des compétences nouvelles des utilisateurs qui la
substituent à des procédés anciens. Elle modifie parfois la relation
aux clients. Elle peut aussi requérir des équipements nouveaux là où
des équipements anciens ne sont pas encore amortis. Elle remet en
cause des situations constituées dans l’entreprise pour privilégier
d’autres groupes ou acteurs. C’est, peu ou prou, l’équilibre de
l’entreprise, sa stratégie, son organisation qui sont affectés.
Ces ruptures engendrent des résistances, des oppositions, des
« frottements » qui sont autant de difficultés à vaincre, de freins
à la réussite de l’innovation et parfois d’explications de son
échec. Nos réunions mensuelles nous fournissent de nombreux cas de
ces obstacles et des dommages qu’ils créent. Préparer le succès
c’est aussi savoir les anticiper et y apporter des solutions.
Novembre 2007
Deux interventions des
réunions de présentation de projets de septembre et d’octobre
traitaient de projets proches : le marketing dans le processus
d’innovation. Pour qui place la technologie au centre de celui-ci le
sujet paraît de second niveau. Mais l’expérience de ceux qui y ont
réussi et le bon sens de tous commandent ensemble de lier
technologie et marketing.
En fait c’est là tout le passage de l’invention à l’innovation : de
la découverte d’une solution nouvelle à un problème (nouveau ou
ancien) à la reconnaissance de son adoption réussie. Quand cette
réussite est économique elle se traduit dans un flux d’affaires et
de revenus. L’innovation va au-delà de l’invention. Il n’est pas
besoin que la solution soit absolument nouvelle pour que
l’innovation soit reconnue : un procédé déjà mis en valeur dont
l’emploi est transféré dans un autre contexte (pour résoudre un
autre type de problème, ou dans un autre pays, ou une autre
industrie notamment) est une innovation.
Il faut donc se poser la question du marché et plus largement des
besoins pour que la découverte devienne une ou des innovations.
L’interrogation peut-être de partir du marché pour inventer des
solutions nouvelles et les mettre en application. Elle peut être
aussi de partir des propriétés de l’invention pour en développer les
propriétés et en étendre l’application. L’histoire le montre : le
processus innovateur ne fait pas le choix entre les deux.
Octobre 2007
Francinov n’est pas
qu’organisatrice de réunions de présentation de projets innovants.
Les missions qu’elle s’est assignées vont bien au-delà : agir dans
tous les lieux où elle le peut et selon des modalités variées pour
favoriser la réussite de l’innovation et des innovateurs et
contribuer au développement économique du pays. L’organisation de
salons de l’innovation, l’aide apportée aux inventeurs participant à
des salons comme ceux de Genève ou de Jonquières en font partie. La
soirée des 20 ans de Francinov l’an dernier a surtout permis de
distinguer et de mieux faire connaître des innovateurs dans des
domaines les plus variés.
Un projet nouveau est né en début de cette année : l’organisation
avec la SERI – fin 2008 – d’une cérémonie distinguant des
innovateurs issus de pays francophones. Le développement de projets
innovants dans les pays francophones les moins développés est
souvent fait d’adaptations de produits et procédés existants à un
contexte auquel ils n’étaient pas destinés. Il ne s’agit pourtant
pas moins d’innovations et les pays les moins avancés ont besoin
autant que le nôtre de ces innovations pour assurer leur avenir.
Comme toujours Francinov montera ce projet avec les moyens bénévoles
qui sont les siens. Une petite équipe s’est mise en place, qui doit
l’organiser et en vérifier la faisabilité financière, qui doit comme
à l’habitude reposer sur des financements externes. Elle ne demande
qu’à s’élargir à ceux d’entre vous qui le souhaitent.
Septembre 2008
Vous connaissez
Francinov ou êtes en train de lier connaissance par la lecture de
cette lettre. Connaissez-vous la SERI, la Société d’Encouragement
pour la Recherche et l’Invention ? Elle est plus ancienne, 50 ans
contre 20 et ont fêté leurs anniversaires ensemble le 30 novembre
2006 au Château de Versailles. Beaucoup d’entre vous étaient
présents.
D'une certaine façon Francinov est fille de la SERI et nombre de
membres de la seconde ont été à l’origine de la première. Notre ami
Eugène-Marcel Guiton – fondateur des deux – dit souvent que
Francinov a été créée pour donner un cadre aux ambitions de sa
précédente. Leur but commun est d’agir pour que les projets
innovateurs émergent et réussissent pour le bien de la France. La
SERI s’est consacrée davantage à l’action auprès des pouvoirs
publics et elle a assuré la gestion morale et matérielle d’une
distinction – la médaille d’encouragement de la recherche et de
l’innovation – qu’ont reçue quelques innovateurs remarquables le 30
novembre. Francinov s’est plus directement intéressée au soutien des
projets et à la réflexion conduisant au succès du processus
innovateur. La SERI et Francinov sont en train de se rapprocher pour
rendre plus étroite encore leur collaboration. L’union ne fait-elle
pas la force ? Elles ont des buts et des animateurs pour beaucoup
communs dont l’action sera ainsi plus forte. Les comités chargés de
sélectionner les personnes distinguées par la médaille de la SERI
garderont leur indépendance de jugement. Les assembles générales
tenues le 12 juin par les deux associations en débattront et nous
vous tiendrons informés de ce projet.
Mai 2007
Participant à un
colloque sur le management des entreprises innovantes, deux
dirigeants de toutes petites entreprises - récentes et innovantes -
témoignaient de leur expérience. L'entreprise du premier travaillait
en sous-traitance dans le domaine des automatismes et le second
réalisait des études et recherches. L'un et l'autre sont associés à
un pôle de compétitivité et chacun tire de cette expérience récente
un bilan différent.
Sur l'intérêt de
participer à un pôle les avis convergent : elle offre des
opportunités de progression dans la maîtrise des produits et des
procédés et de coopération avec de grandes entreprises et
laboratoires de recherche, ressources de compétences et pour les
premières souvent donneurs d'ordres.
Cet intérêt se trouve
contrebalancé dans le cas du sous-traitant en automatismes par deux
inconvénients. Le premier est la lourdeur des procédures de
gouvernance des pôles et le temps qu'elle exige en réunions,
coordinations, démarches diverses : le temps manque souvent dans une
petite structure pour y satisfaire et le coût que cela
représenterait pèserait lourd dans les coûts. Le second est dans la
crainte d'une protection insuffisante des droits de propriété
industrielle face à des partenaires disposant de compétences
juridiques rodées et - là encore - du temps requis à la préparation
et la négociation des
contrats.
Pour que les pôles de
compétitivité de premier rang permettent aussi cette irrigation du
tissu industriel dont il était question le mois dernier, il faut que
leur fonctionnement et leur gouvernance soient compatibles avec les
ressources et les rythmes des PME, ce qui n'est pas encore le cas.
Mars / Avril 2007
L'innovation est au
cœur des propositions électorales de la plupart des candidats. Si un
tel engagement encourage la propension au lyrique, cela ne doit pas
faire obstacle au principe de réalité. Il y a longtemps que
l'innovation est invoquée comme clé de la croissance économique et
que l'accroissement des moyens consacrés à la recherche est affirmé
comme une priorité budgétaire. Encore faut-il le faire vraiment et
être efficace. Dernier avatar de la politique en faveur de
l'innovation, les pôles de compétitivité se mettent en place
progressivement. Ceux d'entre eux qui pouvaient s'appuyer sur des
programmes et des collaborations antérieurs ont lancé leurs
programmes. D'autres n'en sont à l'inverse, qu'à la phase de la mise
en place ou de l'agrément. Il est trop tôt encore pour en établir un
bilan mais force est de remarquer que si les grands laboratoires de
recherche et les grandes entreprises d'industries basées sur la
recherche parviennent à trouver leur place, celle des entreprises
plus petites - même habituellement innovatrices - reste à faire.
L'efficacité dans ce domaine suppose en premier lieu qu'on respecte
deux rythmes. Le rythme de la recherche qui s'inscrit souvent dans
la durée de la découverte et de l'expérimentation. Le rythme des
entreprises qui en attendent un retour sur investissement compatible
avec leur cycle économique. L'efficacité suppose en second lieu que
les progrès technologiques irrigueront le tissu industriel au-delà
des acteurs principaux et donc aussi les entreprises petites et
moyennes. C'est loin d'être assuré. J'y reviendrai les prochains
mois.
Janvier / Février 2007
Avant toute chose, au
nom de l'équipe qui anime Francinov, je veux vous souhaiter une
excellente année 2007. Nous vous souhaitons une vie personnelle et
familiale heureuse et la réalisation de vos vœux professionnels. On
dit de toute année qui commence qu'elle marquera un tournant pour
notre pays. L'occasion peut en être une échéance prévue, nationale
ou internationale, ou tout simplement le souhait que des évènements
surviennent ou que des initiatives soient prises dans un domaine
jugé crucial. Et toute année marque quelques étapes importantes,
quelques occasions plus ou moins réussies pour la France. L'année
2007 sera celle des élections présidentielles et législatives. Rien
d'exceptionnel en soi puisque l'évènement se reproduit tous les cinq
ans et il n'est bien entendu pas question de marquer ici une
préférence ni de recommander tel ou telle. Chacun fera son choix. De
tous côtés l'innovation est invoquée comme un passage obligé vers
l'avenir. Une économie, qui ne peut - ni ne cherche - la
compétitivité par des coûts très faibles, doit proposer aux marchés
des solutions différenciées et innovantes. Les principaux candidats
l'ont bien compris et font assaut de propositions pour favoriser
cette voie. Depuis trente ans et plus, les dispositifs se sont
multipliés pour aider les innovateurs : aides financières et
fiscales, agences, projets dont les pôles de compétitivité et
l'agence nationale de la recherche sont des avatars récents. Il
serait injuste d'affirmer que tout cela fut vain et peu productif.
Mais les résultats restent en deçà des nécessités. Les candidats
peuvent beaucoup mais pas tout. A chacun de se mobiliser.
Novembre / Décembre 2006
Pour une fête ce fut
une belle fête. Francinov a fêté ses vingt ans comme peu
d'associations l'ont fait. Plus de 550 participants avaient répondu
à l'invitation et peu - s'il toutefois s'en est trouvé - ont
regretté leur présence.
Un anniversaire, c'est
d'abord l'évocation des années écoulées, plus d'un millier de
projets innovants présentés lors des soirées mensuelles, les trois
salons Innovation 1996, 1998, 2000, les nombreuses distinctions
obtenues par les projets sélectionnés au Salon International de
l'Innovation de Genève en 2005 et 2006 (10 médailles d'or, 4
d'argent, une de bronze et trois prix spéciaux), la galerie
Internet, première du genre et cette Lettre de Francinov qui vous
tient au courant de nos activités mais également des manifestations
consacrées à l'innovation.
Un anniversaire c'est
aussi le souvenir de ceux qui nous ont quittés en chemin et beaucoup
avaient en mémoire la forte personnalité de Francis Marquer, qui
dirigeait alors le Cabinet Moutard, et qui a porté la création de
Francinov.
Nous avons voulu
consacrer cet anniversaire à ce qui fait notre objet : la promotion
de projets innovants. La cérémonie de remise des médailles de la
Recherche et de l'Invention en a été un moment fort. Les
récipiendaires étaient à l'image de ceux que soutient Francinov :
des inventeurs, des chercheurs, qui proposent des solutions à des
problèmes posés.
Rappelons Messieurs Jean Brunet et Atilla Yazman dans les systèmes
de contrôle, Pierre Clausin entre la protection contre les gaz
toxiques et les enrouleurs pour voiles, Roland Damaschini et ses
collègues du Laboratoire Aimé Cotton avec une canne laser pour mal
voyants, madame Géraldine Deliencourt-Godefroy dans la préservation
des matériaux cellulaires, Messieurs René Duranton pour la gestion
des systèmes d'éclairage urbain, Claude Etiévant dans les progrès
apportés pour la réalisation de piles à combustible, Madame
Marie-Claire Janailhac dans les ingrédients actifs pour produits
cosmétiques, Messieurs Maxime Laguerre pour les produits en
polymères pour l'horticulture, Claude Lambert avec la traçabilité
par procédés chimiques, Dominique Michel dans le domaine de
l’ingénierie offshore, Thomas Oksenhendler, spécialiste des lasers,
Jean-Claude Sarrazy pour l'emballage thermoplastique des palettes et
Bernard Saunier en matière notamment de gestion des eaux.
Cette remise de
distinctions céda à l'émotion quand notre ami Eugène Guiton,
Président de la Société d'Encouragement pour la Recherche et
l'Invention remit à Madame Lemaire d'Agaggio la grande médaille
décernée au Professeur Raymond Daudel, décédé cette année.
La conférence de M.
Joël de Rosnay qui clôturait cette cérémonie a été l'occasion d'une
prospective des technologies du futur. Rêves ? Réalité ? Bien
souvent les premiers rejoignent déjà la seconde. Il faut du rêve
pour inventer le futur mais il n'est de rêve qui ne soit ancré dans
les exigences du présent. Nous ne sommes pas sortis de notre
problématique de l'innovation.
Un anniversaire c'est
une fête. Le Centre de Musique Baroque nous l'a offerte en jouant
quatre contemporains de Mozart : Gluck, Gossec, Sacchini et
Jean-Christian Bach. Découverte de pièces musicales et chantées
redécouvertes dans l'Opéra Royal du Château de Versailles, où Mozart
lui-même a dû les découvrir.
Une très belle soirée
donc que nous devons à une petite équipe qui l'a réussie. A notre
vice-président Arnaud de Saint-Palais qui l'a voulue et organisée et
autour de lui Gérard Demagny, Isabelle Delaballe, Nelly Montay et
Anne-Marie Vacher. Elle n'aurait pu se tenir sans quelques
partenaires. Le Ministère de l'Education Nationale, la Communauté
d'Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines et la Ville de
Versailles, la Fédération Nationale des Associations Françaises
d'Inventeurs (FNAFI), la Société Générale à Versailles ont accepté
d'apporter leur soutien. Les ont rejoint quelques entreprises,
petites ou moyennes, qui ont placé l'innovation au centre de leur
développement : la Compagnie Européenne des Technologies de
l'Hydrogène (CETH), Edelcom, Fastlite, Karver, Protokinetix,
Saunier, Sefmat, Sherpa Engineering, la SOPARCO,Tracing Technologies
et le Cabinet Moutard.
A tous je dis notre
gratitude.
Octobre 2006
Connaissez-vous
l'histoire de ce colibri qui participe à la lutte contre l'incendie
de la forêt ? Tous les animaux y participent selon leurs moyens : en
déversant de l'eau, en agitant l'air pour essayer de contrarier le
vent, en abattant des arbres et creusant des tranchées pour empêcher
le feu d'avancer … Le colibri est le plus petit oiseau de la nature.
Alors avec son bec, goutte à goutte, il va chercher l'eau à la
rivière et la lâche sur le feu. Un éléphant lui dit : «
Qu'espères-tu avec ta petite taille contre un tel incendie ». Le
colibri répond : « je sais que je ne peux l'éteindre seul et que je
suis de peu de forces. Mais au moins j'aurai fait ma part ».
Quelle leçon en tirer
concernant l'innovation et sa participation aux progrès dans la
société ? Il y a des innovations majeures (elles changent beaucoup
de choses dans l'économie et la société), des innovations génériques
(elles en entraînent beaucoup d'autres à leur suite) mais il y a
aussi la multitude des autres. Celles qui ne révolutionnent pas la
science mais proposent une nouvelle application utile de
connaissances ou de pratiques connues. Celles qui « cuisinent » des
méthodes déjà expérimentées pour résoudre des problèmes. Celles qui
s'attachent la résolution de problèmes déclarés fondamentaux (la
sécurité sanitaire, les économies d'énergie), celles qui accroissent
la compétitivité, celles qui éliminent ces petites choses qui
compliquent la vie… Il y a les éléphants et les colibris de
l'innovation.
La position de
Francinov est qu'il faut les uns et les autres, et que les colibris
doivent être reconnus et respectés.
Septembre 2006
Cette fois Francinov a
vingt ans. La décision de créer l'association a été prise au début
de l'été 1986 et la première réunion de présentation de projets en
septembre de la même année. Le dixième anniversaire avait été
célébré à La Celle Saint Cloud et nous avait fait apprécier la
musique de chambre avec l'Ensemble Instrumentale de France.
Le vingtième
anniversaire se tiendra le jeudi 30 novembre 2006 dans le cadre du
Château de Versailles. Pouvait-on imaginer cadre plus prestigieux ?
En partenariat avec la SERI (Société d'Encouragement de la Recherche
et de l'Invention) - qui fête cette année ses cinquante ans - des
innovateurs et des chercheurs seront honorés et se verront remettre
la médaille d'encouragement de la recherche et de l'invention. Cette
cérémonie sera suivie d'un cocktail.
La manifestation se
poursuivra à l'Opéra du Château par un concert donné par le Centre
de Musique Baroque de Versailles. Il proposera des œuvres de
Jean-Chrétien Bach, François-Joseph Gossec, Christoph Willibald
Glück et Antonio Sacchini. Les informations sur cette soirée et sur
la réservation des places sont sur le site de Francinov.
Une telle réalisation
n'est possible qu'avec le soutien d'entreprises privées et
collectivités publiques qui aident à son financement. Francinov ne
souhaite aucun de ces financements pour elle-même. Ils iront en
totalité au Centre de Musique Baroque sous la forme de mécénat. Au
nom de tous, je les remercie de leur soutien.
Juin 2006
La proximité
géographique des partenaires potentiels favorise-t-elle l'innovation
?
Cette idée de la
proximité a été à l'origine de nombreux concepts et politiques.
L'idée déjà ancienne que les technopoles pouvaient constituer des
lieux géographiques de synergies entre des entreprises, des écoles
et des laboratoires en est un exemple. La rencontre de ce principe
avec celui plus ancien des districts industriels réunissant des
entreprises petites pour compenser par le nombre le handicap de la
taille a donné de la force à l'idée de la proximité. Quelques
réussites survenues dans ce contexte de proximité ont encouragé les
responsables de l'aménagement du territoire. Il n'est donc pas
étonnant que l'idée soit revenue dans la mise en place de pôles de
compétitivité.
Mais est-elle
appropriée dans cette circonstance ? La proximité est-elle
déterminante pour les grandes entreprises, pour les grands
laboratoires qui en sont les principaux acteurs. Quand un leader de
la chimie ou de l'électronique a besoin d'une coopération en matière
de recherche peu lui importe que le partenaire scientifique soit de
l'autre coté de la vallée ou au bout du Monde. L'important est qu'il
soit bon. La recherche de la qualité a vaincu les facilités
géographiques.
Alors s'il s'agit de
provoquer des coopérations entre acteurs français pour développer
des activités nouvelles créatrices de richesse et d'emplois ou si le
but est de mettre de l'ordre et d'éviter l'éparpillement des
ressources, c'est très bien. S'il s'agit de définir des vocations
industrielles régionales, c'est beaucoup plus incertain.
Mai 2006
Faut-il adopter la
langue anglaise pour rédiger les documents techniques ? La question
fit débat et anima la réunion Francinov du 26 avril dernier.
D'un côté la commodité
d'un véhicule commun. Le langage universel permet que chacun
comprenne et soit compris de tout le monde. Il réduit les coûts dans
les échanges d'information : coûts en temps, coûts monétaires s'il
s'agit de traduire. Il évite parfois les erreurs et approximations
dans la traduction.
De l'autre coté la
reconnaissance qu'un langage fournit les normes, les références, et
la création d'une asymétrie dans les relations d'affaires. Qui peut
affirmer qu'une langue est le support neutre d'une transaction ? Ce
serait nier son histoire. Une langue se construit progressivement
pour répondre à des besoins concrets de communiquer, c'est-à-dire
d'informer mais aussi ordonner. Elle normalise les rapports entre
ceux qui échangent. Comme elle a de la mémoire elle transmet dans le
temps les normes qu'elle porte, y introduit des variantes, voire des
ambiguïtés. Elle emprunte souvent à d'autres langues pour s'enrichir
mais assimile l'import dans ses propres repères. Changer de langue
c'est changer d'histoire.
Encore n'est-ce pas si
simple à réaliser. Nombreux sont aujourd'hui ceux qui pratiquent
l'anglais. Mais de quelle pratique de l'anglais s'agit-il ? De
conversation ou de lecture d'une information courantes ? C'est
vraisemblable. De compréhension ou plus difficile d'écriture d'une
notice technique, des précisions nuancées d'un acte juridique …
C'est plus rare. Avec les conséquences que cela peut entraîner.
Le contrôle de la
langue des relations d'affaires est un avantage compétitif. Les
décisions la concernant méritent donc réflexion.
Avril 2006
L'innovation commence
avec un problème - parfois nouveau, souvent ancien - auquel on
trouve une solution nouvelle. Ce n'est pas suffisant. Il faut aussi
l'opportunité d'un marché - existant ou à créer - et la mobilisation
de ressources - des compétences et des financements - pour que
l'entreprise démarre.
L'innovation commence
et continue avec beaucoup de rencontres, de contacts. Promouvoir
l'innovation c'est faciliter l'émergence des idées et la mise au
point des solutions, réduire les obstacles à la mobilisation des
ressources humaines et financières. Mais c'est aussi faciliter les
contacts, accroître la probabilité pour que les rencontres aient
lieu et donc des contacts porteurs de bons projets.
Nous ne vivons pas
dans ce monde californien où chercheurs, entrepreneurs,
capital-risqueurs vivent en voisin hors des grandes villes et se
retrouvent autour d'un barbecue le week-end venu. Pour la détente ?
Les affaires ? Les deux à la fois ? Le fait est que les affaires se
montent et que ces petites sociétés fabriquent des mécanismes de
coopération qui font le dynamisme de l'économie des Etats-Unis.
Les projets nationaux
et communautaires tentent de créer ces contacts et d'engager ces
coopérations en Europe ou d'y pallier par des dispositifs variés. Ce
faisant ils s'adressent souvent à des entreprises établies, voire
grandes, mais peinent face aux projets individuels. Combien
d'histoires d'inventions perdues ici devenues des innovations
majeures de l'autre coté de l'Atlantique ?
Février / Mars 2006
Puisque Francinov aura
vingt ans en 2006 vous me permettrez plusieurs retours sur ces
années.
La première question
sera : comment une association comme la nôtre a-t-elle bénéficié de
cette longévité alors que d'autres, nombreuses, éprouvent des
difficultés ou ont disparu ?
Une première raison me
paraît être que Francinov poursuivait des objectifs raisonnables
pour une association de bénévoles et qu’elle s'y est tenue.
Au centre est le
projet. Est-il techniquement faisable ? Economiquement et
commercialement soutenable ? Telles sont les questions centrales
pour nous. S'il doit y avoir création d'entreprise, d'autres
structures ou institutions sont mieux qualifiées et outillées pour
la conduire, à commencer par des membres de Francinov.
La tentation de faire
plus, d'aller vers la prise en charge de la réalisation, a souvent
été forte. Elle a répondu alors à la demande de quelques porteurs de
projets. Mais alors l'ambigüité s'insinuait entre le bénévolat au
cœur du projet d'origine et le caractère nécessairement marchand de
la prise en charge de projets qui mobilisait des ressources
professionnelles. La mise en commun des expériences, l'aide à la
prise de contact peuvent relever du bénévolat, le conseil et
l'assistance technique, juridique ou financière sont des métiers qui
se rémunèrent.
La pérennité de
Francinov est d'avoir su rester fidèle à son statut d'association.
Janvier 2006
Une nouvelle année
commence que je vous souhaite excellente dans votre vie personnelle
et professionnelle. Je nous souhaite dans le cadre de Francinov des
soirées mêlant travail et convivialité pour consacrer aux projets
présentés l'examen attentif qu'ils méritent dans une ambiance de
coopération et d'amitié.
En 2006 Francinov aura
vingt ans et cet évènement sera célébré. Vingt ans déjà que quelques
fondateurs précédemment réunis par des associations d'entreprises de
Saint-Quentin-en-Yvelines et de Versailles (respectivement l'ARCY et
la GIRV) décidaient de créer une nouvelle association pour aider des
porteurs de projets à les réaliser. Cible principale : ceux qui ne
disposaient pas de ressources financières ou de réseaux de contacts
indispensables à la réussite de leur entreprise et notamment les
inventeurs indépendants.
L'ambition était
grande : faciliter les rencontres et la conclusion d'affaires mais
aussi constituer un lieu d'échange et de réflexion : sur
l'innovation elle même, sur la création d'entreprises innovantes,
sur la stratégie, le financement, les aspects juridiques, etc.
Francinov a été parmi les pionnières des associations de promotion
de l'innovation. Naturellement ses membres se sont accrus et en
grande partie renouvelés ; son projet s'est resserré mais elle est
parmi les rares de ces pionnières à exister encore. Y a-t-il un
secret à cette longévité ? Nul ne sait mais il fallait éviter
quelques écueils qui se sont révélés fatals à d'autres. Le projet de
départ a été préservé : une association (au sens fort du terme) qui
suit une voie originale, innovatrice, au service de l'innovation. Je
reviendrai sur ces points dans les prochains mois.
Novembre 2005
La précaution
financière accrue va-t-elle jouer contre l'innovation ?
Des organismes
internationaux et autorités de régulation mettent en place des
règles prudentielles destinées à mieux faire connaître le risque
encouru par les établissements financiers (particulièrement les
banques) et à les contraindre à couvrir ces risques. La Banque des
Règlements Internationaux par exemple vient de renforcer
l'obligation de constituer des fonds propres proportionnés à
l'importance de la perte escomptée (ratios Mac Donnaugh). L'Union
Européenne prépare des directives dans ce sens.
La nécessité de
garantir la solvabilité des établissements de crédit ne fait pas de
doute. Ce n'est pas l'objet ici d'en discuter. Mais on comprend tout
de suite que deux effets de ces dispositifs vont se combiner :
sélectivité accrue au profit des emprunteurs présentant peu de
risque. La constitution de fonds propres ou la titrisation des
risques à un coût que paieront naturellement ceux qui les rendent
nécessaires.
L'innovation est une
activité à risque. Elle l'est à ses différentes étapes : le besoin
auquel elle répond est-il bien formulé ? La solution proposée
est-elle techniquement et économiquement réalisable ? L'accueil du
marché permettra-t-il à une échéance raisonnable une activité
rémunératrice ? C'est aussi une activité fréquemment financée par
endettement, notamment quand l'entreprise innovatrice est petite et
jeune.
Comment réduire les
risques pesant sur le système financier sans rendre le financement
de l'innovation plus difficile et plus coûteux, c'est-à-dire en
définitif sans accroître le risque qu'engendre par nature
l'innovation ?
Par exemple l'absorption de l'ANVAR par le CEPME pour faire de
l'ensemble un établissement financier classique est-elle une bonne
idée ? L'avenir le dira mais on peut en douter.
Juillet 2005
Spillover.
Dans son acception
générale spillover exprime qu'un excédent, un surplus se déverse
au-delà de son milieu générateur. La population d'une région à
démographie excédentaire se déverse dans les régions environnantes
par exemple.
On a pris l'habitude de désigner du même terme des retombées des
grands programmes technologiques dans des activités économiques qui
n'ont avec le programme qu'une relation indirecte, parfois lointaine
et peu explicite. On dit Airbus héritier de Concorde : la filiation
est du domaine de l'évidence. Mais combien de progrès dans les
automatismes, les matériaux, les procédés, combien de savoir-faire
organisationnels constitués dans ces opérations puis transplantés
par miettes ou pans entiers dans d'autres contextes et pour d'autres
besoins. Dans la période où le Japon constituait un modèle on disait
les entreprises japonaises excellentes dans cet exercice.
Nul ne sait si le
programme ITER apportera au Monde l'énergie du futur. Mais
l'importance des besoins futurs oblige à l'espérer. L'organisation
technique et économique qui en résultera n'a probablement rien à
voir avec ce qu'on imagine quand encore on y parvient. Deux choses
sont sûres : le programme qui commence n'est que le point de départ
d'une multitude d'autres qui se formeront autour de son axe central.
Il obligera à des avancées scientifiques et technologiques qui
trouveront des applications dans les domaines les plus variés.
Comme toujours les
pays et les entreprises qui gagneront à la coopération
internationale seront ceux qui sauront créer le spillover à leur
avantage.
Juin 2005
On célèbre cette année
le centenaire des quatre articles d'Einstein : la lumière constituée
de quanta d'énergie, la structure atomique de la matière, la
relation entre l'espace et le temps, l'interchangeabilité entre la
masse et l'énergie. Quatre contributions qui sont aussi des
fondements de la physique contemporaine et ont contribué, souvent
beaucoup plus tard, au progrès des techniques.
On reproche souvent à
la recherche fondamentale le temps dans lequel elle s'inscrit et de
n'être pas suffisamment orientée vers la résolution de problèmes
immédiats : de santé publique, industriels ou autres. Einstein
n'avait probablement pas en tête les conséquences pratiques de ses
développements théoriques en 1905. Et pourtant qui pourrait nier que
l'humanité n'a pas reçu le revenu de son investissement ?
La recherche
fondamentale n'inscrit pas ses projets dans le même temps que
l'industrie et plus généralement la société et quand elle vise à la
résolution de problèmes identifiés son calendrier d'intervention
s'inscrit dans une durée qui paraît souvent trop longue : la lutte
contre certaines maladies et la recherche de nouvelles sources
d'énergie électrique en sont des exemples.
Il y a plus de deux
siècles un économiste français, Jean-Baptiste Say, disait que le
progrès économique viendrait de l'application des connaissances
scientifiques dans l'industrie. Encore faut-il que les connaissances
et l'industrie soient, chacune de leur côté, dynamiques et créatives
et que les passages de la recherche à l'industrie soient fréquentés.
Avril / Mai 2005
Le mythe du cargo...
Durant la dernière guerre mondiale, des habitants des îles du
Pacifiques virent l'armée américaine construire des appontements et
des pistes d'atterrissage vers lesquels les bateaux et les avions
affluèrent.
La guerre finie et
quelques années étant passées ils construisirent ou restaurèrent
appontements et pistes, espérant bateaux et avions … Et rien ne
vint.
L'innovation a besoin
de grands projets disions-nous il y a quelques mois. Ils sont utiles
quand ils organisent la synergie de la recherche de pointe et de
l'industrie performante.
Les infrastructures, programmes ou agences qui ne se font pas
supports de projets pertinents ne produisent pas les effets
attendus.
L'intention est
souvent dans ce mariage de la recherche et de l'industrie : celle de
J-L Beffa et de son agence, celle des pôles de compétitivité pour
prendre les initiatives récentes. Mais si les ressources sont
retirées avant même d'avoir été attribuées et si les moyens restant
sont saupoudrés sans considération des enjeux industriels majeurs,
les programmes mobilisateurs entreront dans la longue histoire des
vains rêves.
Février / Mars 2005
Que faire d'une idée
qui n'est pas encore un produit ? Lors de nos réunions mensuelles
sont présentés des projets élaborés dans leur principe mais qui
n'ont pas encore été testés dans des prototypes ni mis en œuvre dans
un produit. La réunion de janvier 2005 a été riche de ce point de
vue. La route qui leur reste est encore longue :
D'abord trouver
une ou des applications rapidement commercialisables,
c'est-à-dire qui sont des solutions à des besoins identifiés et
ressentis comme tels par des utilisateurs potentiels solvables.
Ils sont souvent différents de ceux que l'inventeur imaginait
d'abord.
Ensuite mettre au
point des solutions techniquement et économiquement praticables
: cela implique la recherche d'une simplicité de fonctionnement.
Cela signifie également un design propre à faciliter l'adoption
de ces solutions dans un environnement technique et économique
qui existe déjà.
Enfin trouver les
relais professionnels et commerciaux par lesquels ces solutions
prendront leur place sur leurs marchés.
Entre le génie de
l'origine et la réussite économique il faut donc de la modestie.
Janvier 2005
L'innovation a-t-elle
besoin de grands projets ? Le rapport Beffa, qui doit être remis au
Président de la République dans les prochains jours, relance un
débat ancien.
La suprématie de la
construction aérienne aux Etats-Unis et en Europe a beaucoup puisé
(aux plans technique et financier) dans les programmes militaires.
Le rattrapage européen était-il imaginable sans la volonté
franco-britannique (Concorde) puis franco-allemande (Airbus) et un
soutien financier souple des gouvernements.
Au-delà de ces succès
spectaculaires combien d'autres plus discrets portés par les
programmes nationaux, bilatéraux ou communautaires : matériaux
automobiles par exemple.
La nouvelle agence
proposée par J.-L. Beffa paraît reprendre une recette au centre des
initiatives réussies. Les projets prennent appui sur des entreprises
déjà bien armées dans leurs industries respectives. Les pouvoirs
publics initient le programme, en appuient l'élaboration, voire
forcent un peu la main des hésitants. Les responsables industriels
sont compétents pour la formalisation du projet et sa mise en œuvre.
Une bonne proposition
donc. A suivre dans sa réalisation.
Novembre 2004
Francinov est une
association indépendante. Elle s'est formée librement il y a dix
huit ans d'un groupe d'amis que réunissait le désir de faciliter
l'émergence de projets économiques innovants.
Elle ne reçoit pas de subvention de collectivités publiques et n'en
a d'ailleurs jamais sollicité. Elle n'est dépendante d'aucun intérêt
industriel ou financier. Ses membres et animateurs sont bénévoles.
Cette indépendance est la force de Francinov. Les participants à ses
activités sont libres de tout engagement vis-à-vis de qui que ce
soit. Ses réunions sont ouvertes à des acteurs de l'innovation,
professionnels ou associatifs, qui peuvent être un interlocuteur
utile pour les porteurs de projets. La rencontre veut être utile
mais c'est à la seule appréciation de ces derniers. L'indépendance
de Francinov ne doit pas devenir sa faiblesse. Notre association a
aussi besoin de ressources. Ses besoins sont limités pour être
compatibles avec son souci d'indépendance mais ils existent
néanmoins et ne peuvent être couverts que par les cotisations de ses
membres. Si l'association est utile à ceux qui s'y rencontrent
encore faut-il que ceux-ci le reconnaissent en en devenant membres.
La cotisation est modeste mais elle est indispensable. Merci à tous
d'y penser en recevant cette lettre ou lors de notre prochaine
réunion.
Octobre 2004
Une innovation naît
d'une question sur la manière de satisfaire un besoin. Le président
de Sony voulait-il jouer au golf sans se priver de sa musique
favorite ? Il demanda qu'on fixe un magnétophone à sa ceinture. Le
walkman en est issu, de longues études plus loin.
Le marché alors n'existe pas. Mais il est latent, implicite :
comment transporter sa musique en promenade, dans le train… ? Il ne
s'exprime pas dans une forme précise mais comme une question qui
trouvera sa formulation dans une réponse proposée et acceptable.
Par quel mystère une
telle réponse peut-elle surgir ? On peut concéder une part au hasard
(un «caprice» du Président) mais il ne peut être dissocié des
conditions dans lesquelles il s'exprime : des capacités
scientifiques et techniques expérimentées, une méthode rôdée à la
résolution de problèmes, la capacité de mobiliser des ressources
rapidement adaptables.
Mais surtout l'ensemble mobilisé vers le marché. Le marché au sens
large, celui de la demande immédiate et celui de la demande à venir.
Comment imaginer que le Président de cette formidable machine à
ouvrir des marchés qu'est Sony n'ait pas eu l'intuition que la
satisfaction de son souhait immédiat ouvrait aussi un marché
considérable ?
Alors technological
push ou market pull ? D'une façon ou d'une autre, toujours les
deux.(A suivre)
Septembre 2004
Les vacances sont
derrière nous, parfois déjà loin, et nos activités reprennent.
Depuis 18 ans nos réunions rappellent quelques constantes qui font
les réussites.
Il faut bien entendu
que le projet réponde à un besoin : mais l'offre d'une solution
n'aide-t-elle pas souvent la révélation du besoin ? La solution
n'inspire-t-elle pas parfois des applications auxquelles l'inventeur
n'avait pas pensé ?
Il faut aussi qu'il y
apporte une réponse simple et économiquement tenable : mais la
simplicité n'est pas toujours immédiate et le design s'affine avec
l'étude et le temps. Les coûts et avantages de la nouveauté sont
souvent difficiles à établir puis à mesurer.
Il faut que les
résistances des clients, fournisseurs, partenaires puissent être
surmontées, que les concurrents en place soient tenus à distance.
La règle constante est
qu'il n'y a pas de réussite sans opiniâtreté.
Juin 2004
La dernière réunion de
Francinov fut un succès avec les deux ingrédients qui y mènent.
Le premier fut bien
entendu apporté par les invités qui présentent leurs projets. Cinq
exposés dans deux genres très différents. Le système énergétique
fondé sur l’hydrogène et les piles à combustible et les réactifs à
base de silicium pour la synthèse de molécules organiques sont des
applications de la science qui ouvrent peut-être dans le futur à des
grappes d’applications très étendues. La housse défroissante,
l’escabeau mains libres et l’établi d’appartement sont des produits
de l’esprit pratique et résolvent par des idées simples des embarras
quotidiens. Notre réunion a ainsi rappelé que l’esprit pratique et
la science irriguent l’un et l’autre des esprits inventifs.
Francinov ne peut
réagir que dans la convivialité, second ingrédient. Le cadre offert
par nos amis de Neuvitec, à Cergy-Pontoise en fut un cadre
excellent. Nous leurs devons une soirée agréable et espérons-le
utile.
Mai 2004
L'idée d’un bulletin
de Francinov est aussi ancienne que Francinov elle même. Elle
s’était même réalisée dans les toutes premières années. Le nouveau
bureau a souhaité relancer ce projet, plus modeste que le premier,
mais compatible avec les moyens strictement bénévoles de Francinov.
Remercions Anne-Marie Vacher d’en avoir accepté la charge.
La résurgence de ce
support était souhaitable et régulièrement évoquée. Au-delà de nos
rencontres mensuelles il manquait un lien tangible entre nous, une
relation plus nourrie avec ceux qui ne peuvent régulièrement y
participer mais aussi une trace des projets présentés et de leurs
porteurs.
Ce bulletin vous
tiendra mieux informés de nos réunions passées et à venir et de la
vie de Francinov, ainsi que des évènements qui concernent
l’innovation et les innovateurs. Merci d’avance du bon accueil que
vous lui ferez et de la collaboration que vous lui apporterez.
Envoyez un message à notre
webmaster pour toute
question ou remarque concernant ce site.
Réalisation et mises à jour :
La Boutique des Inventions Dernière modification :
26 April 2010